( AFP / ERIC PIERMONT )
Le géant des services à l'environnement Veolia a annoncé jeudi une hausse de 3 % de son chiffre d'affaires à 33,3 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année grâce à l'international, et a indiqué envisager de faire appel à un partenaire financier pour faire croître l'activité déchets en France.
La progression du chiffre d'affaires s'explique en partie par un "effet périmètre" positif de 383 millions d'euros, notamment lié à l'acquisition du spécialiste américain des déchets dangereux, Clean Earth.
Mais, précise le groupe, le chiffre d'affaires progresse également de 2,1 % à périmètre et changes constants, et même à 2,6 % en excluant les prix de l'énergie, que le groupe achète puis répercute sur ses clients.
Veolia a également vu sa rentabilité continuer de progresser : son Ebitda (bénéfice avant impôts, intérêts, dépréciation et amortissement) a crû de 5,1 % à périmètre et change constants.
Lors d'un point presse, la directrice générale du groupe, Estelle Brachlianoff, a salué "ces très bons résultats, dans un contexte que nous savons tous très turbulent".
Elle a notamment salué "le développement à l'international", un des axes forts de la stratégie du groupe, qui a soutenu une accélération de la croissance du chiffre d'affaires au 3e trimestre, "puisque la croissance en dehors de France, elle est plutôt autour de 6 %, quand la croissance en France est plutôt à 0".
Une quasi stagnation dans le berceau du groupe, qui s'explique notamment par une conjoncture morose, et de ce fait une moindre production de déchets.
Compte tenu de cette tendance et, parallèlement, des forts besoins d'investissements des collectivités pour moderniser des usines d'incinération vieillissantes, Mme Brachlianoff a indiqué étudier "un projet de croissance des activités de déchets municipales en France" et envisager de faire appel à "un partenaire financier de long terme" pour accompagner cette croissance, confirmant des informations de L'Informé.
La patronne de Veolia a souligné le "potentiel gigantesque" pour les municipalités en termes de souveraineté énergétique, avec à la clé des "prix fixes" de l'électricité et de la chaleur, "que le détroit d'Ormuz soit fermé ou ouvert".
De ce fait, le groupe mène "une réflexion stratégique sur cette activité de déchets municipale en France pour voir comment accélérer la mise en œuvre de cette nouvelle génération" d'incinérateurs, "évidemment en liaison avec les collectivités locales", a-t-elle déclaré.
Dans ce cadre, le groupe "est en train de regarder différentes options, dont celle de prendre à nos côtés un partenaire financier de long terme qui nous accompagnerait et accompagnerait en fait les collectivités pour arriver à cristalliser ce très beau potentiel en France", a ajouté Mme Brachlianoff.
A l'international, le groupe a annoncé le gain de "200 millions de contrats" dans le dessalement de l'eau au Moyen-Orient.
"Cette croissance comprend l'attribution du contrat d'exploitation de l’usine de dessalement d'Al Asilah en Oman pour cinq ans, ainsi que la mise en vigueur du projet de dessalement d'Al Hamriyah aux Émirats arabes unis, dont Veolia fournira la technologie", a indiqué le groupe.
Mme Brachlianoff y voit un "premier signe avant-coureur positif" d'une relance de l'activité dans la région, affectée ces derniers mois par la guerre.
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